Medellin, de l’art, de l’histoire !

4 et 5/07/2019 – Nico.

Pour beaucoup, Medellin rime avec Pablo Escobar et le narcotrafic. Pour d’autres, c’est aujourd’hui la capitale culturelle de la Colombie qui a su faire face à son histoire et devenir une des villes les plus agréables du pays.

Nous y arrivons vers midi, et posons nos sacs dans un petit hôtel sympathique du quartier de Poblado. C’est un quartier au sud de la ville, assez touristique certes, où l’on trouve plein de petits restaurants et cafés. Après le déjeuner, nous prenons le métro direction le centre historique pour y découvrir entre autres, la place Botero, du nom du célèbre peintre sculpteur colombien. Sur la place, une vingtaine de ses sculptures aux formes rondes et voluptueuses y sont exposées.

Le lendemain, nous avons rdv au Nord-Est de la ville pour une visite guidée de la « comuna 13 », désormais célèbre pour avoir été le quartier le plus dangereux au monde jusqu’en 2002. A 9h30, nous retrouvons nos amis de Pau avec lesquels nous avons passé du temps à Jardin (voir article précédent), et notre guide Lina qui a grandi, puis élevé son fils dans ce même quartier.

Lina nous raconte comment les forces révolutionnaires ont pris le contrôle du quartier pendant des années, si bien qu’à part les habitants, personne (et encore moins la police) ne pouvait y pénétrer. La guerrilla, organisée en milices, et financée par le trafic de drogue, y avait tous les pouvoirs et malgré les nombreuses tentatives du gouvernement pour libérer ses habitants, ils ont vécu dans l’insécurité quotidienne de la violence et des armes à feu.

Ce n’est que le 16 octobre 2002, que l’opération « Orion » avec ses hélicoptères de combat, ses milliers de militaires et des renseignements très précis, va batailler pendant 3 jours pour éradiquer les milices révolutionnaires de la « comuna 13 ». Il y eut de nombreux morts et disparus, mais le quartier retrouve ainsi la paix et la capacité de se reconstruire.

C’est à travers un parcours étonnant de fresques, de graffitis et d’anecdotes passionnantes et personnelles de Lina que nous comprenons cette histoire incroyable vécu par les habitants.

Nous pouvons désormais gravir la colline grâce aux 6 escalators inaugurés en 2012. Les maisons sont peintes en couleurs pour trancher avec le bois et la taule utilisés à l’époque.

Les quatre filles, malgré la chaleur et la traduction, restent attentives aux sens et aux messages de chaque dessin.

Après plus de 3h de visite, Lina sait encore garder leur attention en cherchant ici les animaux cachés dans ce dessin.

Nous assistons alors à un spectacle très qualitatif de hip hop. Nous comprenons comment tous les enfants de ce quartier, qu’on avait imaginés sans avenir en dehors de la violence, se sont tous convertis en artistes, guides touristiques ou ont aujourd’hui trouvé un vrai boulot à Medellin. Ce qui est certain c’est que la violence y est rejetée par tous et que personne ne veut oublier le passé. Un peu plus loin, dans d’autres quartiers de la comuna 13, l’insécurité et le petit banditisme n’a pas encore totalement disparu, mais nous avons été touché, enfants et adultes, par Lina et son histoire pleine d’espoir.

C’est le moment de dire au revoir à Lina, qui nous a offert des glaces et des souvenirs de son pays, ainsi qu’aux amis qui continuent leur voyage.

Nous montons alors tous les quatre, en télécabine, observer depuis le sommet de la comuna 13, l’ensemble de la ville et de ses 3,5 millions d’habitants.

Demain, changement de décor, nous partons vers les îles, au large du Nicaragua. Nous allons nous reposer 9 jours à Providencia, qui parait-il offre les plus belles plages de Colombie.

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