Le village coloré de Salento et la région du café.

Du 26 au 30/06/2019 – Ingrid.

Après être arrivés tard la veille à Bogota, de San Gil, nous repartons ce matin pour Salento, situé au coeur de la zone de café colombienne. Pour ça, nous sautons dans un bus pour la ville d’Arménia où nous sommes censés arriver à 17h. Il n’en sera rien, comme il y a eu deux accidents sur la route, nous allons devoir faire le chemin en mode circulation alternée, c’est dire beaucoup de temps à l’arrêt pour laisser passer les véhicules en sens inverse, et parfois on avance, mais ça ne dure jamais longtemps. Et impossible de prendre une autre route, puisqu’en Colombie le réseau routier est peu développé, il n’y a qu’une seule route pour aller d’une grande ville à une autre. Nous arriverons pour finir à 23h20 à Arménia, qui n’est pas notre destination finale, puisque nous avons réservé un hôtel dans le petit village de Salento. Nous voilà contraints de prendre un taxi, que nous partagerons avec une belge très sympa. Le chauffeur est charmant mais roule comme un fou sur la route en colimaçon avec une direction assistée qui semble un peu libre. Je compte les kilomètres et croise les doigts pour que nous arrivions entiers.

Heureusement, Nicolas s’est mis d’accord avec la dame de l’hôtel pour qu’elle vienne gentiment nous ouvrir la porte à minuit. C’est épuisés et le ventre vide que nous nous couchons.

Au réveil, nous décidons de rester 3 jours ici car nous avons eu notre dose de transport en 48h. Nous profitons du calme de l’hôtel et de ses hamacs sur le balcon pour nous poser un peu.

Puis nous allons déguster des truites succulentes, fumées et à l’ail, spécialités du coin. Nous nous baladons dans le village très coloré de Salento, où chaque façade rivalise de couleurs avec sa voisine. Les balcons fleuris, les belles portes chatoyantes et les fenêtres ouvragées lui confèrent un charme certain. Je craque complètement, moi qui adore les couleurs.

Même les jeeps dont l’histoire est très liée à la culture du café sont colorées . Impossible d’avoir le bourdon entourés de cette riche palette de couleurs vives et variées. C’est ainsi que nous gravissons quatre par quatre les 260 marches qui nous mènent au mirador qui surplombe la ville. Nous découvrons de l’autre côté un panorama splendide sur la vallée. Quel beau pays!

A 17h, Nicolas décide d’enchaîner avec une séance de devoirs, dernier examen de Français de l’année pour Colombe. Quel soulagement ! On ne peut vraiment pas dire qu’elle porte les cours de français Legendre dans son coeur et on la comprend.

Ce soir, ce sera dîner pâtes à l’hôtel. Encore fatigués de notre journée de la veille, on a envie de se coucher tôt.

Visite d’une finca de café :

Aujourd’hui, au programme c’est la visite de la finca de café « Las Acacias », exploitation familiale. Nous décidons de nous y rendre à pied. Après avoir marché quelques kilomètres en plein soleil, les filles décident de lever le pouce et de faire du stop. Immédiatement une jeep s’arrête et nous emmène pour le dernier kilomètre jusqu’à la finca. Nous nous greffons à la visite qui commence.

On apprend qu’un pied de café dure en moyenne 15 ans, parfois 20 à une altitude inférieure à 2000m. Au delà, n’étant plus très productif, on le coupe et on le remplace par un jeune plan. Il faut alors en moyenne attendre 4 ans pour qu’une pousse puisse offrir une vraie récolte. Il s’agit donc d’anticiper et de faire tourner son exploitation. Pour cela, chaque parcelle correspond à une année de plantation, et ainsi un roulement s’opère entre la coupe du vieux pied et le repiquage d’une jeune pousse.

Il y a normalement 2 récoltes à l’année, une importante entre mars et mai et une secondaire entre octobre et décembre. Mais à 2000m d’altitude, la récolte n’a lieu qu’une fois par an, en général en mai. Comme il a beaucoup plu en mai, cette année, elle a été retardée à fin juin. Il s’agit de récolter les grains quand ils sont devenus rouges.

C’est un travail très pénible pour trois raisons : il faut travailler bien souvent en plein soleil, sur des pentes très escarpées et donc extrêmement glissantes par temps de pluie et enfin sous les feuilles il y a de nombreuses chenilles qui créent des boursouflures douloureuses au niveau des mains et du visage de celui qui fait la récolte. Le travailleur est soit payé à la journée (10€/j) soit au kilo ramassé. C’est donc un travail éreintant et mal payé, ce qui explique qu’aujourd’hui il est difficile de trouver des travailleurs pour faire la récolte.

Pour cette raison et aussi parce que le café rapporte de moins en moins, les cultures sont remplacées par des avocatiers ou des bananiers qui rapportent plus. La Colombie oscille entre la deuxième et la troisième place d’exportateur de café au monde. Il  faut savoir que la Colombie fait exclusivement du café Arabica. Actuellement, c’est entre 12 et 14 millions de sacs de 60kg de café qui sont produits chaque année en Colombie, soit plus de 720 000 tonnes. En 2016, le café représentait près de 8% des revenus des exportations du pays. C’est le 3ème produit, après le pétrole et le charbon.

Nous profitons de la visite pour admirer aussi de très beaux oiseaux et de magnifiques fleurs. Entre les plans de café se trouvent de nombreux bananiers car ces derniers présentent une réserve d’eau dans leur tronc que les plans de café peuvent venir pomper en cas de sécheresse.

Puis Mahaut s’essaye à la petite machine qui sert à séparer l’enveloppe rouge du grain à proprement dit de café. En vrai, l’exploitation se sert d’une plus grosse machine.

Ensuite, ils font sécher les grains au soleil puis c’est l’étape de la torréfaction. On obtient ainsi de beau grains marrons, couleur café. Puis il est moulu.

Le café peut être exporté déjà torréfié ou pas encore torréfié.

La visite se termine par la dégustation d’un bon café bien serré pour les adultes. Les filles ont le droit à un café glacé, réalisé avec un fond de café, du lait froid, une sauce chocolat et de la cannelle. Un vrai délice !

Nous enchaînons par un déjeuner en ville et un après-midi à l’hôtel pour clôturer cette fois ci le programme de mathématiques de Colombe. A 18h, nous gagnons la place du village pour aller soutenir l’équipe de foot colombienne qui affronte le Chili en quart de finale de la Copa América. La place et les cafés sont pleins, une bonne ambiance règne.

Nous sommes debout, et très rapidement un couple de colombiens propose un bout de leurs chaises aux filles. Quelle gentillesse ! Et après 20 min de match, Gilberto tient à nous offrir cocas et bières. A l’entracte, on s’occupe d’aller chercher des saucisses pour tout le monde et nous offrons à notre tour une bière à Gilberto et Carolina. Nous sommes tristes pour eux quand la Colombie perd malheureusement aux tirs au but. Nous n’aurons pas eu la chance de les entendre crier Gooooooooool pendant 10 min.

 

Le lendemain, nous partons tôt pour la célèbre et splendide vallée de Cocora. Suite dans le prochain article.

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