L’époustouflant trek de Quilotoa.

Du 1/06/2019 au 4/06/2019 – Ingrid.

Après avoir pris un premier bus, en levant la main sur le bord de la route, pour faire Chasqui-Latacunga, nous enchaînons avec un deuxième et 1h30 de route pour rejoindre le village de Zumbahua, où aujourd’hui se tient un marché. Le bus a à peine démarré, que Nicolas s’aperçoit que l’on a oublié de retirer de l’argent en prévision des 3 jours de trek qui nous attendent. On se dit qu’il doit bien il y avoir un distributeur à Zumbahua.

A peine descendus du bus, on se met en quête d’un ATM. Mais en vain! Pas d’autre choix que de retourner à Latacunga. Nicolas sachant que j’adore les marchés, se propose aussitôt pour la corvée de l’aller-retour de 3h pour aller chercher de l’argent.

Avec les filles, on déambule 30 min dans le marché qui est petit. Puis, on avise un restaurant pour prendre le traditionnel « almuerzo » : soupe de quinoa patates, un plat de viande ou de poisson, un rafraîchissement (un jus), tout ça pour 3$, et vu que les filles s’en partagent un, autant vous dire que c’est le repas économique !

Puis nous prenons un taxi (2$) qui nous monte au village de Quilotoa en 10 min. Après avoir déposé nos affaires à l’hôtel, nous sommes impatientes d’aller admirer le fameux cratère gigantesque du volcan Quilotoa. Il fait 12 km de circonférence et surtout au fond se trouve un magnifique lac bleu vert. Nous sommes subjuguées par la beauté du lieu. Après un temps de pose photos, nous cheminons 800 m sur la crête du cratère. Impressionnant !

Nous voulons savoir où en est Nicolas et ne captant pas de réseau téléphonique dans ce village, nous retournons à l’hôtel pour profiter de son wifi pour rentrer en contact avec lui. Mauvaise nouvelle, il est toujours à Latacunga car pour l’instant il n’a pas trouvé un seul distributeur qui fonctionne. Mahaut et moi décidons alors de descendre au fond du cratère tandis que Colombe, rêvant d’un temps calme pour mettre à jour son journal de bord, reste tranquillement dans la chambre d’hôtel.

C’est ainsi que Mahaut et moi entreprenons gaiement notre descente au fond du cratère. Quelques centaines de mètres avant l’arrivée, nous croisons des villageois qui remontent avec leurs chevaux, certains sans touriste sur leur dos. Cela m’intrigue quelque peu. Il n’est que 15h30, la nuit ne va pas tomber tout de suite ! Après cette phase d’interrogation, nous poursuivons notre descente jusqu’au bord de l’eau. La vue depuis le fond du cratère est aussi grandiose.

Nous nous mettons en route pour le retour, qui nous le savons devrait être éprouvant vu que ce n’est que de la montée (380m de dénivelé) et ceci à 3800 m d’altitude environs. On nous a dit qu’il fallait compter 1h30 pour l’ascension.

Mahaut est bien tentée par les chevaux qui remontent les touristes mais en même temps, elle a envie de se dépasser une fois de plus.

On remonte d’un bon pas. Et puis après avoir parcouru 1/4 du chemin, une pluie intense s’abat sur nous. Nous enfilons vite nos caps de pluie, et protégeons l’appareil photo dans un sac plastique. Nous accélérons sacrément le pas encore. Trempées, essoufflées et après 45 minutes de montée nous voilà au village. On a pulvérisé tous les records! Je crois que mon cœur n’avait jamais battu aussi vite! Et je comprend maintenant pourquoi les locaux étaient tous remontés plus tôt.

Nous rentrons vite nous sécher au près du poêle de l’hôtel où nous retrouvons avec bonheur Nicolas qui vient seulement d’arriver.

Après nous être réchauffées, et la pluie ayant cessé, nous ressortons tous les quatre pour que Nicolas puisse à son tour profiter de la vue splendide sur le cratère du volcan Quilotoa.

Nous faisons une petite balade et nous avisons vite un petit café avec vue sur le cratère pour y déguster un bon chocolat chaud avant le dîner servi à l’hôtel à 18h30.

Quand nous rentrons dans la chambre il fait frisquet, mais heureusement il y a un poêle que nous nous empressons d’allumer. La chaleur monte vite. Et que c’est agréable de s’endormir en écoutant le feu crépiter.

Journée Quilotoa – Chigchulan :

Comme on sait qu’en Equateur il n’est pas rare qu’il pleuve l’après-midi et que l’averse d’hier m’a servi de leçon, nous mettons le réveil tôt pour un départ vers 8h après un excellent petit déjeuner.

Le trek commence par un quart de tour du cratère sur sa crête. Très impressionnant ! Nous ne nous lassons pas de contempler le paysage, le cratère avec la lagune au fond, les sommets enneigés plus loin et la vallée avec ses champs de toutes les couleurs à flan de colline.  Nous apercevons même le volcan Cotopaxi (pas ici sur la photo).

Le chemin est relativement facile et comme il a plu cette nuit, le terrain sableux est compact et non poussiéreux comme il l’est habituellement. Quelle chance! Et en plus nous n’avons pas de vent mais un temps clément. Cool! La journée s’annonce vraiment bien.

Puis nous entamons la descente vers le canyon. Nous utilisons Maps.me et Wikiloc (site d’itinéraires de randonnées) pour nous orienter.

Nous arrivons rapidement au petit village de Gran Guayama. Là deux possibilités s’offrent à nous, soit suivre les panneaux d’indication de l’hôtel où nous avons prévu de dormir ce soir (cloud forest), soit suivre l’itinéraire  que nous avons sur nos téléphones depuis ce matin. Nous optons pour la deuxième solution.

Cet itinéraire nous fait probablement moins longer le canyon, mais va nous offrir deux points de vue magnifiques et une descente à flan de falaise un peu impressionnante. L’aventure quoi ! Notre chemin traverse un moment une coulée de sable le long de la paroi abrupte que nous traverserons sans aucune difficulté.

On aperçoit ici le chemin de randonnée :

Puis nous nous accordons une pause pique-nique avant d’entamer la remontée de l’autre versant du canyon.

Et là, je sens le poids du sac à dos quand il s’agit de grimper le sentier bien abrupte et sinueux. Le soleil tape maintenant. Heureusement Colombe est là pour m’encourager.

Après 4h50 de marche, nous voilà arrivés à destination. C’est heureux que nous nous installons dans les hamacs de l’hôtel pour un temps calme.

Puis un temps de devoir s’impose, Colombe a un programme à finir, quant à Mahaut, on révise les connaissances de l’année, et ma foi tout semble bien acquis. Chouette!

Les filles ayant été efficaces dans leurs devoirs, elles peuvent nous défier au babyfoot, au ping-pong et au jeu de cartes avant le dîner.

Le dîner se déroule dans une bonne ambiance de backpackers, avec de grandes tablées.

Coucher tôt pour un lever à 6h30.   

 

Journée Chigchulan -Isinlivi :

Nous quittons l’hôtel à 8h sous un grand ciel bleu. Chouette!

Après 2km sur la route, nous bifurquons sur un petit chemin qui nous amène à un point de vue époustouflant sur le canyon et la vallée.

Puis nous descendons un raidillon bien raide le long de la falaise.  Nous avançons doucement car le terrain est un peu glissant. Le poids de nos sacs se fait sacrément sentir au niveau de nos genoux dans la descente. Les filles nous proposent alors  très gentiment de prendre la petite besace du dessus de notre sac à dos, nous ne nous faisons pas prier. On apprécie l’esprit d’entraide qu’elles ont bien développé durant l’année.

Puis nous traversons un petit village avec son école, son église et seulement 4 où 5 maisons. Ensuite nous suivons un cour d’eau jusqu’au moment où nous empruntons un grand pont suspendu. Puis, ça se corse, en tout cas pour moi qui préfère les descentes que les montées quand je porte un sac à dos. Et oui, 200m de falaise bien raide à gravir nous attendent. Je démarre sur un bon rythme mais rapidement je suis essoufflée. La nuit n’a pas été bonne et j’en subis les conséquences. Je vois Nicolas, Colombe et Mahaut qui me rattrapent, puis me dépassent lentement mais sûrement ! Puis, j’entend Mahaut qui chante à tue-tête : « on n’est pas fatiguée » tandis que moi je peine à reprendre mon souffle.

Au final, ils atteignent le mirador bien avant moi et je les entend qui m’encouragent d’en haut. Enfin je les rejoints et nous poursuivons en traversant quelques petites fermes et une nouvelle montée. Nous empruntons ensuite un charmant petit chemin taillé entre deux gros blocs de roche, avec une très belle végétation qui pousse ça et là. Nous débouchons sur un petit sommet qui offre une nouvelle fois un magnifique panorama. C’est décidé, nous pique-niquerons là pour profiter du paysage.

Après avoir avalé l’excellente lunch-box préparée par notre hôtel, nous nous remettons en marche, il est 12h45 et il nous reste 2km et 200m de dénivelé positif à affronter. Mahaut est super, elle me donne la main et m’explique qu’il faut marcher d’un pas régulier en respirant calmement. Quelle coach! En tout cas, 35 min plus tard nous sommes arrivés sans avoir eu besoin de faire de pause malgré la pente bien marquée. Nous découvrons avec plaisir  le confort et le charme de notre hôtel : Llulu lama.

Il y a un jacuzzi dont on va se faire une joie de profiter et plein de jeux de société, avec une vue splendide sur la vallée.

Mais avant la partie de plaisir, Colombe doit faire une évaluation de math, son papa ne se laissant pas amadouer par la fatigue de la journée. Pour Mahaut, je me contenterai d’une toute petite séance de devoirs de 20 min par solidarité pour sa sœur.

Après s’ensuit une partie d’échec serrée avec Mahaut. Puis nous nous relaxons dans le jacuzzi de l’hôtel. Oh que ça fait du bien après les efforts de la journée et les courbatures qui commencent déjà à se faire sentir.

Pour récompenser les filles de s’être une nouvelle fois dépassées dans ce trek, nous leur offrons un mocktail ( cocktail sans alcool).

Puis nous partageons un bon dîner avec les autres randonneurs, échangeons nos bons plans pendant que les filles s’exercent aux dames chinoises.

Enfin il est l’heure d’aller se coucher dans un bon lit bien douillet, bercés par la chaleur du feu de cheminée qui se trouve dans notre petit chalet. Oh que la nuit sera bonne!

 

Retour à l’entrée sud du Cotopaxi et route vers Banos :

Le lendemain il nous faut gagner le petit village de Sigchos. Deux solutions : soit en randonnée soit en grimpant dans un camion à lait qui fait quotidiennement le trajet pour effectuer le ramassage des traies. Depuis le début du trek nous avions décidé de nous arrêter là pour avoir le temps d’aller au parque national de Las Cajas plus au sud pour d’autres magnifiques randonnées.

Nous nous postons donc à 9h sur les marches de l’église du village en attendant le passage du camion de lait qui passera tout compte fait à 9h20.

Nous grimpons à l’arrière avec des villageois et nous voilà partis pour 40 min de route. Oh là là, ça secoue vraiment dans tous les sens. Nous sommes debout à l’arrière et tentons de nous tenir comme on peut. La route est complètement défoncée, nous enchaînons les nids de poules, et la poussière vole dans tous les sens. Je ne vois bientôt plus rien avec mes lunettes tellement elles sont recouvertes de la poussière de la route, et nos vêtements ont changé de couleur, il n’y a pas qu’eux d’ailleurs, Mahaut qui n’est pas assez grande pour voir la route, est passée de bronzée à blanc puis à vert. Mais elle tient bon jusqu’à l’arrivée et ne re-tapisse pas la fourgonnette.

C’est heureux, que nous en descendons même si les paysages sur le chemin étaient splendides.

Nous enchaînons ensuite avec un bus jusqu’au village de Toacazo, puis un taxi jusqu’à la panaméricaine à hauteur de l’entrée sud du parc national du Cotopaxi pour retourner chercher à l’hôtel Cuscungo les affaires que l’on avait laissées en pension.

Puis on reprend la route 1h plus tard pour de nouvelles aventures, plus au sud, à Banos cette fois-ci.

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